La Marmotte 2016

, par  Jean-Louis G. , popularité : 55%

Des YPRL ont affronté la Marmotte ! Pour les non-initiés voilà ce qu’est la Marmotte :

Non zut j’ai loupé le copier/coller

« La Marmotte Granfondo (163km - 5600m/d+), doyenne des cyclosportives, innove en proposant cette année les Marmotte Granfondo Séries.
Un challenge d’épreuves d’exception reprenant les critères fondateurs du cyclosport :
des parcours mythiques, des sommets et cols somptueux, sur la trace des champions.
La Marmotte Granfondo Pyrénées présente toutes les caractéristiques de ce nouveau et redoutable défi.
Au départ d’Argeles Gazost, et Luz St Sauveur, les plus grands cols et sommets des Pyrénées s’offrent à vous : le Col du Tourmalet par Barèges (2115m), la Hourquette d’Ancizan (1564m), le col d’Aspin (1489m), Le Col du Tourmalet (2115m) par Ste Marie de Campan et La Mongie (1710m), et pour finir l’arrivée au sommet de la station de Luz Ardiden (1666m). 163 kilomètres, 5 600 mètres de dénivelé positif.

Cols : Luz- Col du Tourmalet 18km 7.4%, Hourquette d’Ancizan 17km 4.5% , Col d’Aspin 12km 6.5% , Ste Marie - Col du Tourmalet 17km 7.5% , Luz Ardiden 14km 7% »

Mais trêve de plaisanterie, voilà un beau CR et une vidéo :

La Marmotte.

Bête poilue qui crie quand on l’emmerde. A priori ça se mange pas et on ne lui pique pas sa fourrure pour en faire des manteaux, coup de bol pour elle. Voilà tout ce qu’évoquait pour moi ce nom début Juin.

Mais comme quelques joyeux lurons à tenue ridicule n’arrêtaient pas d’en parler dès qu’ils avaient repris leur souffle en haut des côtes, j’ai compris que c’était aussi une course de vélo. Sabine m’ayant inscrit de force à l’Evergreen en Septembre, c’était donc une occasion rêvée pour découvrir les Alpes à vélo sur un parcours me rappelant avant tout des après-midis de glande devant la télé.

Les dossards s’arrachant en un jour sur Internet en Décembre, pas de panique je m’étais fait à l’idée de partir devant le peloton avec mon casse-croûte dans un sac. C’était sans compter sur une bonne fée qui aussi improbable que cela puisse paraître m’a dégoté un vrai dossard à J-15 en m’envoyant le SMS suivant : « tu seras avec les bons au départ (au moins), c’est mieux qu’être avec les Bidochons derrière ». Bien sûr lesdits Bidochons YPRL font un peu la grimace depuis, mais mon dossard 68 il avait de la gueule.

Une bonne fée n’arrivant jamais seule, je vous présente toute la famille :

Christophe, maître hôtelier qui nous trouve un hébergement en chambre d’officiers à 100m de la ligne de départ.
Patou le Coach pour la préparation physique et les improbables parcours de 130km et 28 côtes en vallée de Chevreuse.
Phil l’analytique pour extrapoler à partir de données GPX des 3 montées du Ventoux le temps de passage à chaque col.
Fred et Thomas comme éléments de motivation qui partiront 50 minutes plus tard et que je devrai m’efforcer de ne pas voir au moins jusqu’au pied de l’Alpe d’Huez.
Samedi, 6h. Les Bidochons prennent leur temps pour le p’tit dej mais il me faut me bouger pour rejoindre les stars et la séance d’autographes sur la ligne de départ. 14km de descente au milieu d’un peloton silencieux et dense. Gros coup de stress quand je vois des dizaines de cyclistes en carafe le long de la route suite à crevaison : si je crève, j’en prends pour 15 minutes minimum, beaucoup d’énervement et du cambouis jusqu’aux coudes. Mais mes vieux pneus me seront fidèles jusqu’au bout. Arrivé 10 minutes avant le départ, je me retrouve dans les 50 premiers. Bizarre, je ne vois aucun autre vélo Gitane et je suis le seul poilu du jarret dans le lot. Je m’isole dans ma bulle d’autant plus facilement qu’autour de moi cela ne parle pas trop Français (seulement 12% du peloton) et qu’il est un peu tôt pour parler en Hollandais (40% des partants).

7h, on part, 7h01 je bipe sur la ligne de départ et me fais littéralement rouler dessus par la meute lancée à plus de 50km/h. Dans la montée du Glandon, c’est assez compact et il est difficile de doubler. Moi je m’en fous, je ne double pas mais je me fais pousser par la vague des morts de faim des dossards 501 à 1000.

Super météo, supers paysages et me voilà en haut du col dans les temps prévus par le Docteur Philippe. Double avantage d’être devant et d’avoir un vélo qui ne fait pas rêver : je peux le poser en vrac et accéder aux ravitos qui ne sont pas encore pris d’assaut.

Descente neutralisée du Glandon, encore beaucoup de crevaisons, je m’arrête en plein milieu pour manger. La zone de reprise du chronométrage est en début de village. Mauvaise idée car des centaines de cyclistes s’arrêtent pour pisser faisant partir en vrille les habitants.

Montée du Télégraphe sympa, toujours conforme au roadbook de Philippe, je commence à avoir bien soif en arrivant à Valloire et voyant tous les cyclistes me doublant passer les gourdes pleines je stresse un peu en pensant avoir raté le ravito. Il arrivera bien tard en sortie de ville.

Le plat de résistance arrive avec le Galibier. Et là, ça passe pas. 8% de moyenne et l’altitude, je pense à Thomas qui la veille se foutait d’un cycliste pédalant avec les oreilles. Je passe sous les 10km/h puis sous les 7 avec des passages humiliants à 5km/h. J’irais plus vite à pied… Mes projets d’acheter prochainement un vrai vélo sont remisés au placard et j’envisage de revendre mon clou sur Leboncoin au plus vite. Une coulée de neige insidieuse ayant bloqué le passage du Galibier, nous avons la chance d’emprunter le tunnel. Ouf… Mais 2h de montée, c’est bien long.

48km de descente, je n’avais jamais fait. La circulation étant interdite aux voitures on se lâche plus ou moins et j’en profite pour établir le record YPRL du jour à 73km/h. Faut dire que les Bidochons ont pris la pluie à leur passage dans les parties les plus roulantes. Je me ferai finalement rincer en bas de descente mais sans en souffrir.

Bourg d’Oisans, 160km, 2 minutes d’arrêt pour recharger les accus. Et beaucoup d’appréhension avant la dernière grimpouillette. On voit bien l’Alpe d’Huez si proche et si loin, c’est assez impressionnant. 14km et 1100m de dénivelé, le chemin de croix peut être long. La première rampe passe bien et son panneau « 21 » n’est pas démoralisant. Finalement, toute la montée sera à l’avenant et en 1h20 je me ferai moins doubler que sur les autres cols, poussant même le luxe à gratter les plus émoussés.

Au final, 8h37 de vélo chronométré, 9h30 en incluant les descentes de l’Alpe d’Huez et du Glandon. Pile poil pour le diplôme d’Or et sa médaille à 10€ puisque le temps limite était fixé à 8h39. Patou arrive peu de temps après, donc bien avant moi et en pleine forme suivi de Fred. Christophe, Thomas et Philippe ont manifestement beaucoup souffert de la pluie et du froid, s’arrêtant même chez l’habitant (Christophe) ou dans un troquet (Philippe) pour se réchauffer.

Marmotte 2016 - Descente du Glandon from Thomas LOUIS on Vimeo.