Triathlon S - Versailles

, par  Jean-Louis G. , popularité : 44%

Il fallait être motivé (ou rongé par la folie) et ne craindre personne pour participer à ce triathlon de Versailles façon "jenecrainspaslapluienilaboue"

Seulement 2 courageux YPRL ont pris le départ pour ce sprint (750m/20km/5km). le terme courageux n’est pas exagéré tellement la journée fût pluvieuse ! Quoi vous ne me croyez pas ?! Jugez par vous même via ce magnifique compte rendu :

« Je vais vous raconter une petite course pas loin de chez nous, bien de chez nous.
Le triathlon du Roi, c’est à Versailles, c’est à côté, logistiquement c’est très simple et c’est très rigolo.
- pas de déplacement à rallonge, pas de bagnole pour moi.
- pas de repas à l’extérieur.
- la famille peut venir ou pas selon le temps.
- une gourde sur le cadre, un sac à dos, le trajet permet de s’échauffer. Perso j’adore.
C’est tellement simple que j’en oublie des choses secondaires. Des sacs plastiques, des élastiques, une pompe de secours, je n’aurai que des cartouches et un percuteur.

Donc dimanche matin au réveil comme prévu, c’est le déluge. Mon envie d’y aller est en dessous de zéro. "Pff j’ai pô la pluie je répété sans cesse à Sandrine"
Je me retrouve ce matin seul avec ma pepette de 4 mois qui théoriquement doit roupiller une heure et demi, le temps que je prépare mon barda. Le reste des vikings part au cinéma, voir un chef d’oeuvre du septième art : Angry Birds ... Elle ne roupille pas !
Je clavarde (tchate) de temps à autre avec Coco qui a bâché la partie féminine du matin, petit bobo, grosse drache. DNS donc. Mais elle compense sur home-trainer, ça ira.
Je n’arrive donc à une main qu’à rassembler mes affaires ; les rangers dans un sac, ce ne sera pas possible avec mademoiselle sur un bras.
Voici la relève, on mange, léger pour moi, pas de stress.
A 13:20 je suis prêt, enfin je crois.
13:25 , je sors mon "mulet" je met 7.5 bars à chaque boudin et saute dans mon train jusque Saint-Cyr.
Arrivé a la gare de Saint-Cyr, j’enfourche mon vélo et je pars le long de la piste cyclable jusqu’à la pièce d’eau des suisses.
Je croise des triathlètes en sens inverse qui on fait le S réservé aux femmes et non-licenciés, le matin. Ils ont du mal à faire de la place sur la piste et sont souvent deux de front, pour raconter leur épreuve. 5 secondes l’un derrière l’autre et arrêter de parler est inenvisageable. C’est pire que le matin quand je pars bosser avec les joggeurs et cyclistes "Walkman".
J’arrive à la pièce d’eau des Suisses, on entend pas le speaker, c’est pas l’ambiance des grands jours. Je pose pieds à terre, et marche à côté de mon vélo lorsque je rentre dans le parc de la pièce d’eau.
Je constate tout de suite que la CAP sera ... dantesque. Y’a pas encore d’ornière mais les épreuves de la matinée ont déjà bien labourée le chemin.
Je prends mon dossard, je m’équipe pour passer le sas du parc à vélo : Dossard fixé à trois point, numéro sur le cadre, casque, pas de prolongateurs, et bouchons de cintre, tout est OK.
Je monte à ma place, le parc est tassé, une moitié était réservé aux épreuves du matin, nous les gars licenciés sommes en haut. Je trouve à ma place un ruban de fermeture de sac poubelle, qui fera parfaitement l’affaire pour tenir mes chaussures qui seront fixées aux pédales.
Je cherche Yoann, alias Capitain Biceps, puis j’entends "Beegee Beegee", je cherche quelques secondes sortant de ma bulle et je vois en face de moi David qui est venu nous soutenir et nous prêter un petit coin de parapluie. Oui ; il pleut !!

Nous, parce qu’on retrouvera Capitain Biceps quelques minutes avant le départ.
Flûte je vais devoir me les sortir pour ne pas me faire fumer. On discute avec Yoann et David, on se fait croire qu’on ve se la faire cool, je n’ai pas envie de risque un soleil comme à Royan, et que mon épaule ne se remettrai pas ... mais je nous connais, ca va chier, encore.
Une petite photo en combard pour la gloire, les pieds dans la boue.



L’eau est à température raisonnable 19°, elle est noire au départ, comme d’hab.
Échauffement aquatique, briefing, PAN !
Départ sur le côté j’évite le paquet, j’essaie de ne pas perdre trop temps en nat (comme d’hab), je ne fais pas de sur-régime comme les années passées. Sortie en 15’, comme d’hab, c’est décevant.
On monte au parc à vélo, David nous encourage.
Je ne prends pas la peine de mettre des chaussettes, elles sont trempés, il pleut.
Yoann n’est plus là il est devant moi comme d’hab, je monte la côte sur les chaussures, je chausserai en haut du plateau. J’aperçois une petit luciole dans la côte, ouf, je vais faire l’effort de raccrocher mon wagon.
A Satory c’est fait, Capitain Biceps et Beegee partent ensemble à la chasse aux paquets. On embarquera les concurrents 411 et 410 avec nous, y’a une bonne ambiance Le 410 roule en gravel et derrière on prend beaucoup de flotte avec ses pneus à crampons.
L’eau gicle de toute part, fouette le carbone, ça siffle, le pilotage est tendu a chaque virage. On pilote aux fesses. On lâche le 410, et à nous trois on remonte quelques groupes, on essaie de les lâcher au mieux pour ne pas traîner des boulets "suceurs de roues".
Ce circuit vélo est toujours aussi excitant, des courbes inclinées comme au vélodrome, des pavés, des trous, des relances, on s’emmerde pas, et on est à bloc ou presque.
Le premier passage de la "cuvette" est limite : prélude, une flaque a droite avec un cône de travaux, puis une à droite, ça descend, le petit de Versailles devant moi négocie mal le fond en virage et file dans le trottoir en grès. BIM !!! ...
Tout à gauche, le 411 monte sur la plaque et pédale avec les oreilles. Je sers les dents en moulinant, Yoann sort du bois et relance. Je chambre "t’es encore là toi" ? Bah oui qu’est ce que tu crois !!!
C’est reparti pour un deuxième tour. Les trajectoires sont plus acérées, mon épaule droite me tire. On relance une dernière fois au deux tiers de la boucle, puis on se planque tout les trois derrière un paquet, il n’y a plus rien à bouffer à l’horizon. On digère et on récupère.
On retraverse Satory, à la descente on est plus que prudent, sauf un, « Poirot » c’est écrit dessus. Cible verrouillée ...

Je descend du vélo prudemment , les chaussures restent sur les pédales, je suis toujours bloqué à ce moment par un concurrent qui reste avec ses cales. Je pose le vélo, je chausse les chaussures de trail détrempée, floc floc, une petit fessée à Capitain B. et c’est parti. C’est parti dans un single track boueux et casse gueule à souhait. Les crampons accroche bien, je n’entends plus de souffle derrière.

Première boucle, pas plus qu’à fond. Je repère Poirot. Quelques locomotive me passent, elles terminent leur deuxième boucle comme des fleurs. La petite côte fait mal, un point de côté apparaît, je contrôle ma respiration, je sers les dents, et je tente de ne rien lâcher. Ça passe. Premier chouchou, ça redescend, j’allonge la foulée mais pas assez. « Recouvreur » le cousin de Betty me passe, il boucle aussi son deuxième tour. David m’encourage, encore, increvable. Voilà Poirot, je me colle, il prend les bons plans, herbe couchée, pas de flaque, pas de boue. Je drafte. Puis il a un coup de pompe, game-over. Je le passe, et j’accélère (un peu). Deuxième chouchou. Je redescend, j’allonge, je ne lâcherai rien. David m’encourage toujours, son voisin aussi, « Allez Beegee ». Clin d’oeil aux deux, j’ai pas d’oxygène pour lever les bras.
Demi tour, je ne regarde pas à droite si on me file, je sprinte. Arrivée !

J’attends Yoann, mais le 411 arrive, on se félicite on parle de la course et des suceurs de roues qui ne prennent pas les relais. Yoann arrive, congratulation puis le 410.

On prend une petite collation, du coca, du chocolat, des noix.

On retrouve David, on reparle de la course. Photo et tout cela pour une gourde bleue :



Fin de la récréation. Je reprends mon bardas à la consigne, mon vélo et ma combard au parc puis je décrasse en vélo jusque chez moi, sous la pluie. Heureusement ma veste de parade me protège du froid et de l’eau.

Une bonne séance au seuil quoi ...

Beegee »